Paul tremblait aussi : le trac ne disqualifie pas le prédicateur
Et si le grand apôtre Paul avait eu, lui aussi, les jambes qui tremblent avant de prêcher ?
C’est souvent la veille que tout commence. Le message est prêt, ou presque. La soirée devrait être calme, et pourtant le sommeil tarde. Le lendemain matin, l’estomac se noue, la bouche devient sèche, les mains se refroidissent. Pendant la louange, alors que toute l’assemblée chante, le prédicateur n’entend presque plus rien : il compte les minutes qui le séparent du moment où il devra se lever, ouvrir la Bible et parler. Et dans ce tumulte intérieur, une petite phrase s’installe, plus dangereuse que le trac lui-même : « Si Dieu m’avait vraiment appelé, je n’aurais pas peur. »
Cette phrase est fausse. Elle paraît spirituelle, elle a l’air humble, mais elle repose sur une idée que la Bible ne soutient nulle part : l’idée que l’appel de Dieu s’accompagne toujours d’une assurance tranquille, et que la peur serait le signe d’une erreur de vocation. Beaucoup de prédicateurs sincères vivent sous ce soupçon. Certains finissent par refuser les occasions de prêcher, persuadés que leur cœur qui bat trop fort est un avertissement du ciel. D’autres continuent, mais avec une culpabilité sourde, convaincus que leur trac trahit un manque de foi qu’il faut cacher à tout prix. Ils prêchent avec deux fardeaux au lieu d’un : la peur, et la honte d’avoir peur.
Cette série, « Trembler sans reculer », veut regarder le trac avant de prêcher en face. Pas pour le glorifier, ni pour le faire disparaître par une formule, mais pour comprendre ce qu’il est, d’où il vient, ce qu’il révèle parfois, et comment l’empêcher de prendre la parole à notre place. Au fil des sept articles, nous parlerons du regard des autres, du message flou qui nourrit l’angoisse, de la première prédication, du perfectionnisme, de la conscience qui accuse et, pour finir, de la seule vraie source de la force du prédicateur. Mais il faut commencer par une vérité simple, qui libère déjà beaucoup : avoir le trac ne prouve pas que tu n’es pas appelé.
Ce que Paul avoue aux Corinthiens
Lorsque l’apôtre Paul écrit aux chrétiens de Corinthe, il revient sur sa première visite dans leur ville. On s’attendrait à ce qu’il rappelle son autorité, ses succès, la puissance de sa parole. Il fait exactement l’inverse :
« Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n’est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu. Car je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. Moi-même j’étais auprès de vous dans un état de faiblesse, de crainte, et de grand tremblement ; et ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d’Esprit et de puissance, afin que votre foi fût fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. » (1 Corinthiens 2.1-5)
Il faut lire ce passage avec honnêteté. Le texte ne parle pas du « trac » au sens moderne du mot, celui de l’artiste qui attend dans les coulisses. Paul décrit un état plus large : une faiblesse, une crainte et un « grand tremblement » qui l’accompagnaient pendant son séjour à Corinthe. Les commentateurs proposent plusieurs explications, et il est sage de les distinguer de ce que le texte affirme. Certains rappellent que Paul arrivait d’Athènes, où sa prédication avait rencontré beaucoup de moqueries et peu de conversions (Actes 17.32-34). D’autres soulignent que Corinthe était une ville riche, fière de ses orateurs, où l’on jugeait volontiers un homme à son éloquence. D’autres encore font remarquer que l’expression « crainte et tremblement » revient ailleurs chez Paul pour décrire le sérieux respectueux avec lequel on accomplit une tâche devant Dieu (Philippiens 2.12). Ces explications ne s’excluent pas. Ce qui est certain, c’est que l’homme qui a écrit une grande partie du Nouveau Testament n’est pas arrivé à Corinthe sûr de lui.
Le livre des Actes apporte un détail qui éclaire la scène. Pendant ce même séjour à Corinthe, alors que l’opposition grandissait, le Seigneur parle à Paul :
« Le Seigneur dit à Paul en vision pendant la nuit : Ne crains point ; mais parle, et ne te tais point, car je suis avec toi, et personne ne mettra la main sur toi pour te faire du mal : parle, car j’ai un peuple nombreux dans cette ville. » (Actes 18.9-10)
On ne dit pas « ne crains point » à un homme qui n’a pas peur. Ce verset laisse entendre que le grand apôtre, celui qui avait affronté des foules hostiles et des prisons, a connu à Corinthe une peur assez réelle pour que Dieu juge utile de lui parler la nuit. Et remarque la manière dont Dieu répond. Il ne commence pas par supprimer la peur. Il donne un ordre, « parle, et ne te tais point », puis une promesse, « je suis avec toi ». La peur n’est ni niée ni condamnée ; elle est dépassée par une obéissance que soutient la présence de Dieu.
Voilà la première leçon de cette série. Paul n’a pas attendu d’être rassuré pour prêcher. Il a prêché en tremblant, et c’est précisément dans ce tremblement que la puissance de Dieu est devenue visible. Il en tire lui-même la conclusion : si sa parole n’avait reposé que sur son aisance d’orateur, la foi des Corinthiens aurait reposé sur un homme. Sa faiblesse est devenue la vitrine dans laquelle on voyait la puissance de Dieu. Le prédicateur qui tremble n’est donc pas forcément celui que Dieu ne peut pas utiliser. Il est peut-être celui à travers lequel on verra le plus clairement que la force ne venait pas de lui.
Moïse et Jérémie : Dieu accueille la peur, il ne bénit pas la fuite
Paul n’est pas un cas isolé. Lorsque Dieu appelle Moïse à parler devant Pharaon, la réponse du futur libérateur d’Israël ressemble à celle de beaucoup de prédicateurs un dimanche matin :
« Moïse dit à l’Éternel : Ah ! Seigneur, je ne suis pas un homme qui ait la parole facile, et ce n’est pas d’hier ni de l’année passée, ni même depuis que tu parles à ton serviteur ; car j’ai la bouche et la langue embarrassées. L’Éternel lui dit : Qui a fait la bouche de l’homme ? et qui rend muet ou sourd, voyant ou aveugle ? N’est-ce pas moi, l’Éternel ? Va donc, je serai avec ta bouche, et je t’enseignerai ce que tu auras à dire. » (Exode 4.10-12)
Dieu ne se moque pas de Moïse. Il ne le traite pas d’homme sans foi. Il le ramène à une question de fond : qui a fait la bouche ? Celui qui appelle est aussi celui qui équipe. Mais le récit ne s’arrête pas là, et ce qui suit est capital. Moïse insiste : « Ah ! Seigneur, envoie qui tu voudras envoyer » (Exode 4.13). Et le texte dit alors : « la colère de l’Éternel s’enflamma contre Moïse » (Exode 4.14). Ce n’est pas la peur de Moïse qui irrite Dieu ; c’est son refus. Dieu a répondu avec patience à la crainte. Il s’est irrité devant la dérobade. Et même alors, dans sa colère, il ne renvoie pas Moïse : il lui donne Aaron pour l’accompagner (Exode 4.14-16). La colère de Dieu contre le refus n’efface pas sa bonté envers celui qui a peur.
Cette nuance est essentielle pour tout prédicateur. La Bible accueille la peur, mais elle ne bénit pas la fuite. Tu peux dire à Dieu : « J’ai peur. » Tu ne peux pas transformer ta peur en excuse pour désobéir. Entre ces deux phrases, il y a toute la différence entre Moïse au verset 10 et Moïse au verset 13.
Jérémie vit la même chose quelques siècles plus tard. Appelé tout jeune, il proteste : « Ah ! Seigneur Éternel ! voici, je ne sais point parler, car je suis un enfant. » Et Dieu répond : « Ne dis pas : Je suis un enfant. Car tu iras vers tous ceux auprès de qui je t’enverrai, et tu diras tout ce que je t’ordonnerai. Ne les crains point ; car je suis avec toi pour te délivrer » (Jérémie 1.6-8). Là encore, la réponse divine ne consiste pas à flatter Jérémie en lui disant qu’il parle bien. Dieu ne lui dit pas : « Mais si, tu es doué. » Il déplace le regard. La question n’est plus « suis-je capable ? », mais « qui m’envoie, et qui est avec moi ? ». Celui qui se regarde lui-même trouvera toujours une bonne raison d’avoir peur. Celui qui regarde à celui qui l’envoie trouvera une raison d’avancer malgré la peur.
Le poids de ce que l’on porte
Il existe une forme de trac qui n’a rien de malsain. Elle naît d’une conscience juste de ce que l’on s’apprête à faire. Prêcher, ce n’est pas donner une opinion parmi d’autres. C’est prétendre transmettre ce que Dieu a dit. L’apôtre Pierre l’exprime sans détour : « Si quelqu’un parle, que ce soit comme annonçant les oracles de Dieu » (1 Pierre 4.11). Et Jacques ajoute un avertissement que beaucoup préfèrent oublier :
« Mes frères, qu’il n’y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement. » (Jacques 3.1)
Regarde une femme qui revient du marché avec un panier d’œufs sur la tête. Elle ne marche pas comme quelqu’un qui porte un sac de vêtements. Elle avance avec attention, elle évite les trous de la route, elle ralentit quand un vélo passe trop près. Ce n’est pas de la panique ; c’est la conscience de ce qu’elle porte. Le prédicateur qui ressent un certain poids avant de parler ressemble à cette femme. Il sait que ce qu’il porte est fragile et précieux : la Parole de Dieu et des personnes qui vont l’écouter, parfois au moment le plus difficile de leur vie.
On entend dire que ce trac vient du « respect de la chaire ». L’intuition est bonne, mais la formule doit être corrigée. La chaire n’est qu’un meuble ; l’estrade n’est pas un lieu saint, et le micro n’a rien de sacré. Ce qui mérite le respect, c’est la Parole que l’on prétend servir, le Dieu qui l’a donnée et les personnes qui l’écoutent. Le prédicateur qui ne ressent jamais le moindre poids avant de parler devrait peut-être s’inquiéter davantage que celui qui tremble. Le chauffeur qui n’a plus jamais la moindre appréhension sur le boulevard n’est pas toujours le meilleur chauffeur ; c’est souvent celui qui finit par rouler trop vite. L’aisance totale peut cacher une forme de légèreté : on finit par manier les Écritures comme un matériau de travail, en oubliant qu’elles nous jugent avant que nous ne les annoncions.
Ce trac-là ressemble à la crainte de Dieu. Il pousse à prier davantage, à étudier plus honnêtement, à vérifier ce que l’on va dire, à ne rien inventer. Il rend humble. Il fait dire, au moment de monter : « Seigneur, je ne peux pas faire cela sans toi. » Ce n’est pas une faiblesse à supprimer, c’est une lucidité à garder.
Ce que le trac ne prouve pas
Il faut cependant éviter l’excès inverse. Si le trac ne disqualifie pas, il ne sanctifie pas non plus. Il n’est ni la preuve que l’onction manque, ni une garantie de sérieux. Certains prédicateurs ont fini par faire de leur nervosité un signe de spiritualité : « Je tremble, donc je prends Dieu au sérieux. » Ce raisonnement ne tient pas. On peut trembler parce qu’on a peur d’être ridicule, parce qu’on veut être admiré, parce qu’on n’a pas préparé son message, ou parce qu’on cache quelque chose. Le tremblement ne dit rien, à lui seul, de l’état du cœur. Il est comme la fièvre : il signale que quelque chose se passe, mais il ne dit pas encore quoi.
Il faut aussi rappeler une évidence que la spiritualité oublie parfois : le trac est d’abord une réaction du corps. Face à une situation perçue comme importante ou risquée, l’organisme libère des hormones de stress, le cœur accélère, la respiration se raccourcit, les muscles se tendent. Ce mécanisme existe chez le chirurgien avant une opération, chez l’étudiant avant un examen, chez le joueur avant une finale. On observe depuis longtemps qu’un certain niveau de tension aide à se concentrer, et qu’un excès finit par paralyser. Ce n’est pas un verset biblique, c’est une observation sur la manière dont nous sommes faits, et elle aide à dédramatiser. Ton corps n’est pas en train de t’annoncer que Dieu t’a abandonné ; il se prépare à une tâche qu’il perçoit comme sérieuse. Le même cœur qui bat fort avant la prédication est celui qui te donne l’énergie de parler.
La vraie question n’est donc pas : « Ai-je le trac ? », mais : « Qu’est-ce qui nourrit mon trac, et qui commande quand je me lève ? » C’est ce discernement que les articles suivants vont approfondir, en examinant une à une les principales sources du trac avant de prêcher.
Servir ou briller : la question qui change tout
Une phrase résume une grande partie de ce que cette série va développer : le prédicateur qui pense à servir tremble moins que celui qui pense à briller. Ce n’est pas une règle mathématique, mais c’est une vérité d’expérience que les Écritures éclairent. Paul ne cherchait pas « une supériorité de langage ou de sagesse ». Il voulait que la foi de ses auditeurs repose sur Dieu, et non sur lui. Ce but l’a libéré d’une partie de la pression.
Pense à la différence entre un serveur et un acteur. L’acteur entre sur scène pour être regardé ; tout son succès dépend de ce que le public pensera de lui. Le serveur entre dans la salle pour apporter un plat à quelqu’un qui a faim ; son succès dépend de ce que le client reçoit. Si l’acteur oublie une réplique, sa soirée est gâchée. Si le serveur trébuche un peu, il se reprend et pose le plat sur la table, parce que ce qui compte, c’est que la personne mange. Celui qui monte pour briller porte un poids qui n’a jamais été le sien : il doit impressionner, convaincre, ne pas décevoir, être à la hauteur de sa réputation ou de celle du prédicateur précédent. Chaque regard dans la salle devient un jugement, chaque silence une menace. Celui qui monte pour servir porte un autre poids, réel lui aussi, mais plus léger : être fidèle au texte et utile aux personnes. Il peut se tromper sur une formule, oublier une illustration, perdre le fil un instant ; l’essentiel n’est pas perdu, parce que l’essentiel n’a jamais été son image.
C’est pourquoi la première question à se poser avant de prêcher n’est pas « vais-je être bon ? », mais « pour qui vais-je parler, et pour quoi ? ». Quand la réponse est claire, le trac ne disparaît pas forcément, mais il change de nature. Il cesse d’être la peur d’échouer pour devenir le désir de bien servir.
Ce que tu peux faire dès cette semaine
Il ne s’agit pas de techniques pour ne plus rien ressentir, mais de trois manières de remettre la peur à sa place.
1. Dis ta peur à Dieu, et réponds au soupçon par la vérité
Beaucoup de prédicateurs prient pour leur message, mais rarement pour leur peur. Fais comme Moïse et Jérémie : dis-la. « Seigneur, j’ai peur. » La prière honnête ne fait pas forcément disparaître la tension, mais elle t’empêche de la porter seul et de la laisser grandir dans le silence. Puis, lorsque la pensée « si j’étais appelé, je n’aurais pas peur » revient, oppose-lui le texte, à voix haute s’il le faut : Paul tremblait à Corinthe, et Dieu lui a dit de parler. Ta peur ne décide pas de ta vocation. Elle n’en est ni la preuve ni la réfutation. Ce qui compte, c’est ce que tu fais au moment où tu as peur : avancer avec Dieu, ou reculer sans lui.
2. Écris pour qui et pour quoi tu vas parler
Prends une feuille et écris en une phrase ce que tu veux que tes auditeurs comprennent et vivent après ton message. Relis cette phrase honnêtement. Si elle parle surtout de toi, même de manière cachée, « qu’ils voient que je prêche bien », « que le pasteur soit content de moi », reprends-la. Si elle parle de Dieu et d’eux, garde-la, et relis-la juste avant de monter. Cette phrase deviendra ton point d’appui au moment où tes jambes trembleront. Elle te rappellera que tu n’es pas là pour être jugé, mais pour apporter un plat à des gens qui ont faim.
3. Prends soin du corps qui va servir
Dors suffisamment la veille, au lieu de passer la nuit à retoucher ton plan. Mange légèrement avant de prêcher. Arrive en avance pour ne pas ajouter la course au stress. Quelques minutes avant de parler, respire lentement et profondément ; c’est une manière simple de dire à ton corps que tu n’es pas en danger. Ce ne sont pas des techniques mondaines opposées à la foi. Ce sont des manières concrètes de prendre soin du corps que Dieu t’a confié pour le servir. Et si la peur t’empêche régulièrement de dormir, de manger ou de parler, ou si elle prend la forme de crises d’angoisse, cherche de l’aide : un pasteur de confiance, un aîné dans le ministère, et si nécessaire un professionnel de la santé. Demander de l’aide n’est pas un aveu d’incrédulité. C’est une manière responsable de continuer à servir.
Trembler sans reculer
Le trac avant de prêcher n’est pas un ennemi à abattre à tout prix. C’est un signal à interpréter. Parfois il dit : « Tu mesures le poids de ce que tu vas faire. » Parfois il dit : « Tu as trop besoin d’être approuvé. » Parfois il dit : « Tu n’es pas prêt. » Apprendre à l’écouter sans lui obéir, c’est déjà grandir comme prédicateur.
Paul a tremblé, et il a parlé. Moïse a protesté, et il est allé. Jérémie s’est trouvé trop jeune, et il a prophétisé pendant des décennies. Aucun d’eux n’a attendu que la peur s’en aille pour obéir. Tu n’as pas besoin d’attendre que le trac disparaisse pour bien prêcher. Tu as besoin de savoir qui t’envoie, de quoi tu dois parler et pour qui tu le fais. Le reste, Dieu le connaît mieux que toi.
Dans le prochain article, nous regarderons l’une des sources les plus fréquentes du trac : la crainte des hommes, ce regard de l’assemblée qui peut paralyser jusqu’aux prédicateurs les plus expérimentés.
Série « Trembler sans reculer : vaincre le trac avant de prêcher »
- Paul tremblait aussi : le trac ne disqualifie pas le prédicateur (cet article)
- La crainte des hommes : quand le regard de l’assemblée te paralyse
- Un message flou rend le cœur inquiet
- Première prédication, nouvel auditoire : apprivoiser l’inconnu
- Le piège du sermon parfait
- Quand le trac vient de la conscience
- Tu n’es pas la source, tu es le porteur
Les citations bibliques sont tirées de la version Louis Segond 1910.
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