Après la chute : comment se relever sans tomber dans le désespoir
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« J’écris en pleurant, ça fait des années que je suis dans cette vie ; je prends la décision d’abandonner, mais je ne parviens pas à laisser. » Ce frère porte ce combat depuis plus de dix ans au moment où il nous écrit. Une femme mariée, elle, nous raconte une histoire différente mais tout aussi révélatrice : jeune fille, elle avait connu une vraie libération par la prière puis, des années plus tard, dans un mariage marqué par de longues absences de son mari, elle est retombée dans ce même combat qu’elle croyait derrière elle.
Frère, sœur, ces deux témoignages, mis côte à côte, disent la même chose, chacun à sa manière : la chute répétée n’efface pas ce que Dieu a déjà accompli, et une victoire ancienne reste réelle même lorsqu’elle doit être reconquise.
C’est le sujet de cet article non pas comment ne plus jamais tomber, mais comment se relever quand, malgré tout, la chute survient.
La vraie question n’est pas si tu vas retomber
Il faut le dire avec une honnêteté qui tranche avec beaucoup de discours sur ce sujet : dans un vrai processus de sanctification, il est probable que tu retombes encore, au moins occasionnellement.
La vraie question, celle qui détermine si une chute reste un incident ponctuel ou devient un mode de vie installé, n’est donc pas « vais-je encore tomber » mais « qu’est-ce que je fais dans les minutes qui suivent la chute ». C’est ce choix-là, plus que la chute elle-même, qui trace la trajectoire des mois et des années à venir.
La stratégie de l’accusateur après la chute
L’article sur la culpabilité a déjà nommé cette voix : celle de l’accusateur, qui ne cherche jamais la repentance mais le désespoir (Apocalypse 12:10).
Après une chute, cette voix redouble d’intensité, et sa stratégie est précise : pousser à la honte pour pousser à l’isolement, pousser l’isolement au désespoir, et utiliser ce désespoir pour précipiter une nouvelle chute, plus rapide encore que la précédente. C’est exactement ainsi que le cycle décrit plus tôt dans cette série s’accélère.
Reconnaître cette stratégie, la nommer pour ce qu’elle est, constitue déjà une première défense : ce n’est pas Dieu qui parle quand cette voix pousse au désespoir après une chute.
Un protocole concret pour l’après-chute
Voici, de façon délibérément concrète, ce qu’il convient de faire dans les instants qui suivent une chute à connaître à l’avance, avant même d’en avoir besoin.
Confesser sans détour. « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner » (1 Jean 1:9). Pas de délai, pas de négociation intérieure.
Refuser de se cacher. L’instinct le plus naturel après une chute est de reproduire le geste d’Adam et Ève. Faire consciemment l’inverse coupe court au cycle avant qu’il ne s’installe.
Resserrer sans délai les mesures pratiques. Les outils de l’article précédent méritent d’être révisés immédiatement après une chute, pas remis à plus tard.
En parler à quelqu’un plutôt que de porter seul. Une chute confiée à un partenaire de confiance perd une grande partie de son pouvoir à alimenter la honte.
Se remettre en marche le jour même. Il n’est pas nécessaire d’attendre de « se sentir prêt » — cette attente elle-même est souvent une ruse de la honte.
Pardonner soixante-dix fois sept fois appliqué à soi-même
Pierre demande un jour à Jésus combien de fois il doit pardonner à son frère, en proposant lui-même un chiffre qu’il juge généreux : sept fois. Jésus répond : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à septante fois sept fois » (Matthieu 18:21-22).
Ce principe, appliqué habituellement aux autres, mérite d’être retourné vers toi-même : si Dieu pardonne sans compter, sur quelle base t’accorderais-tu, à toi-même, moins de grâce qu’il ne t’en accorde ?
Continuer à te punir intérieurement bien après que Dieu a pardonné n’est pas un signe d’humilité c’est, souvent sans qu’on s’en rende compte, un refus subtil de recevoir ce que Dieu a déjà accordé.
Ce que Dieu achève, il ne l’abandonne pas
Il faut clore cet article sur la promesse qui la traverse depuis le premier : « Celui qui a commencé en vous une bonne œuvre la rendra parfaite jusqu’au jour de Jésus-Christ » (Philippiens 1:6). Cette promesse ne dépend pas de la régularité de tes victoires, mais de la fidélité de celui qui a commencé cette œuvre en toi.
Si tu commences seulement cette série aujourd’hui, ou si tu la relis après une nouvelle chute, sache que rien de ce que tu viens de lire n’a été écrit pour t’ajouter un poids de plus. C’est un chemin, pas un jugement et ce chemin reste ouvert, aujourd’hui encore, pour toi.
J’ai une bonne nouvelle pour toi : trois questions restent pourtant ouvertes, et elles pèsent souvent plus lourd que tout ce qui précède. Demander pardon suffit-il, ou faut-il autre chose pour que ce pardon devienne réel dans ta vie ?
Ce que tu vis est-il encore un combat ordinaire, ou une dépendance qu’il faut nommer et traiter comme telle ? Et la question la plus lourde de toutes — si tu retombes sans cesse, es-tu encore vraiment sauvé ? Les trois derniers articles de cette série y répondent, un par un.
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