Comprendre la dépendance et reconnaître l’addiction
Comment vaincre la masturbation ?
Comprendre la dépendance et reconnaître l’addiction, affronter le manque, tenir dans la durée
Un homme de soixante ans nous écrit un jour un message différent de tous les autres que nous recevons habituellement. Il nous raconte avoir commencé à se masturber vers treize ans, y avoir pris un tel plaisir qu’il le faisait plusieurs fois par jour, avoir essayé de diminuer sans jamais y parvenir, avoir continué après son mariage tout en étant par ailleurs attentionné envers son épouse et il conclut, presque sereinement, qu’il n’a « jamais eu de problème » et qu’il espère pouvoir continuer ainsi le plus longtemps possible.
Frère, sœur, ce témoignage devrait nous inquiéter davantage que celui de quelqu’un qui pleure en écrivant. Pas parce que sa souffrance serait moindre mais parce que l’absence totale de souffrance, après près de cinquante ans dans la même pratique quotidienne, est elle-même un symptôme. C’est exactement ce que l’auteur d’Hébreux appelle un cœur « endurci par la séduction du péché » (Hébreux 3:12-13) une conscience qui, à force d’être ignorée, cesse purement et simplement de sonner l’alarme.
Cet article s’adresse à toi si tu te reconnais plutôt dans ce second profil : ce n’est peut-être plus une lutte occasionnelle que tu traverses, mais une dépendance véritable et elle mérite d’être nommée et traitée comme telle.
Reconnaître qu’on a un problème
La reconnaissance d’une dépendance suit presque toujours le même chemin. D’abord, le déni : « je pourrais arrêter n’importe quand ». Puis, souvent, ce déni s’effrite quand les conséquences deviennent difficiles à ignorer moins de sorties, moins d’amis, une vie de couple qui s’appauvrit. Vient alors une deuxième phase, la révolte : la personne refuse enfin la situation et se met à chercher activement des solutions, souvent avec colère, souvent avec honte.
N’aie pas peur de cette vérité si elle te concerne : oui, tu as un problème avec cela, et non, tu ne t’en libéreras probablement pas aussi facilement que tu le souhaiterais. Le reconnaître n’est pas un échec c’est le tout premier pas réel vers la sortie.
Distinguer la chair et la possession
Il faut trancher ici un point théologique important. La grande majorité de ce combat relève de l’œuvre de la chair une habitude profondément enracinée, exactement comme Romains 7 l’a déjà montré. Pour ce cas, la solution ne réside pas dans une prière de délivrance ponctuelle censée chasser un esprit, mais dans une démarche continue, faite d’engagement personnel et d’aide extérieure.
La possession démoniaque, elle, est un phénomène différent, qui appelle une réponse différente la délivrance au sens propre. Confondre les deux catégories fait un double dégât : cela fait porter à quelqu’un un fardeau spirituel disproportionné, et cela détourne de la vraie démarche nécessaire vers l’attente d’une délivrance instantanée qui, n’arrivant pas, ajoute encore à la culpabilité.
En parler change tout
Un médecin spécialiste des dépendances le résume en une phrase qui mérite d’être retenue : « les secrets vous tuent ils sont la source de honte et de culpabilité. »
Si tu es marié, le même principe s’applique : ton conjoint doit être associé, à sa juste mesure, au chemin de guérison.
Le syndrome de manque, et pourquoi il ne dure pas éternellement
Une vraie dépendance s’accompagne, quand on commence à s’en éloigner, d’un syndrome de manque bien réel des symptômes physiques ou psychiques. Ce n’est ni une invention ni une preuve de faiblesse spirituelle. La bonne nouvelle, c’est que ce syndrome peut être traversé, en particulier avec un accompagnement sérieux.
Construire de nouvelles habitudes
Le temps nécessaire pour installer durablement une nouvelle habitude dépend de plusieurs facteurs : la nature de l’habitude, l’existence d’un vrai plan d’action, ta régularité, ta détermination. Remplace les résolutions vagues par des objectifs concrets et mesurables une heure de coucher stricte, une activité physique planifiée à un rythme défini.
Une hygiène de vie plus stable
Beaucoup de rechutes surviennent dans des moments de fatigue, de stress ou d’angoisse accumulés. Trois leviers réduisent sensiblement cette vulnérabilité : une meilleure hygiène alimentaire, des nuits de sommeil plus longues, une activité sportive régulière, idéalement collective. Occupe-toi. Dès que l’ennui s’installe, la tentation rôde plus facilement.
Une dernière question, qui reste en suspens
Reconnaître une dépendance, comprendre le syndrome de manque, construire de nouvelles habitudes tout cela trace un chemin réel. Mais il reste, pour beaucoup de ceux qui portent ce combat depuis des années, une question plus lourde encore : est-ce que je suis encore vraiment sauvé, si je retombe sans cesse dans la même chose ? C’est à cette question, portée par l’un des témoignages les plus bouleversants que nous ayons reçus, que le dernier article de cette série va répondre. (→ Suis-je encore sauvé ?)
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