Suis-je encore sauvé ? Ce que ce combat dit (et ne dit pas) de ta foi
Comment vaincre la masturbation ?
suis-je sauvé si je pèche encore ? Un jeune homme nous a écrit un message que nous n’avons jamais oublié. Il en était, disait-il, à sa trois centième tentative d’arrêter. Il aimait Dieu, écrivait-il, « du plus profond de mon cœur », et désirait plus que tout une relation avec lui. Mais une parole de Jésus le hantait, celle de la parabole du semeur : « ceux-là n’ont point de racine ; ils croient pour un temps, et ils succombent au moment de la tentation » (Luc 8:13).
Et il se posait alors la question la plus terrifiante qu’un croyant puisse se poser : « si je n’arrive pas à me débarrasser de la masturbation, alors je hais Dieu, non ? »
Il craignait d’aller en enfer malgré son amour sincère pour Dieu, et se sentait obligé de « racheter le temps perdu » avant qu’il ne soit trop tard.
Frère, sœur, si cette peur t’habite aussi, ne la balaie pas d’un revers de main, et ne laisse personne d’autre le faire non plus. C’est l’une des peurs les plus lourdes que porte un croyant sincère, et elle mérite une réponse aussi sérieuse que la question elle-même.
La peur la plus lourde de toutes
Il y a une différence entre craindre Dieu ce qui est sain et craindre d’avoir déjà tout perdu sans espoir de retour. Avant d’aller plus loin dans le texte biblique, il faut donc déjà dire une chose : le simple fait que tu te poses cette question avec autant d’angoisse, que tu continues à chercher Dieu, à lire sa Parole, à demander de l’aide plutôt que d’abandonner dans l’indifférence, est déjà, en soi, une donnée qu’il ne faut pas ignorer dans la réponse.
Que dit vraiment la parabole du semeur ?
Relisons le texte avec attention (Luc 8:5-15). Jésus décrit quatre types de terrains recevant la même semence. Le terrain rocailleux, celui que ce jeune homme craignait tant de représenter, décrit une personne qui reçoit la Parole avec une joie immédiate, mais chez qui elle ne prend jamais racine et qui, au premier moment de difficulté, abandonne complètement et définitivement la foi.
C’est un abandon total, sans retour, sans lutte prolongée. Ce texte ne décrit pas quelqu’un qui se bat depuis des années contre le même péché tout en continuant à aimer Dieu, à le chercher, à pleurer devant lui.
Une plante sans racine ne continue pas à lutter pendant des années pour survivre elle se dessèche, une fois, et c’est fini.
Peut-on aimer Dieu et perdre encore face à un péché ?
L’apôtre Paul offre ici la meilleure réponse possible : « je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas (…) misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ? » (Romains 7:19-24).
Personne, dans l’histoire de l’Église, ne doute du salut de Paul. La lutte, même prolongée, n’est donc pas en elle-même la preuve d’une foi absente.
Ce qui devrait bien davantage inquiéter, c’est l’indifférence complète celle que l’article précédent a décrite chez cet homme de soixante ans convaincu de n’avoir « jamais eu de problème ».
Le test que Jean donne, et ce qu’il dit vraiment
L’apôtre Jean écrit sa première épître avec un objectif qu’il énonce lui-même : « Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle » (1 Jean 5:13).
Le même Jean écrit aussi : « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes » (1 Jean 1:8) la marque d’une foi authentique n’est donc jamais l’absence de péché, mais une sensibilité constante à ce péché.
Le vrai test n’est donc pas « est-ce que je retombe encore ? » mais : ce péché te dérange-t-il encore ?
Continues-tu à le combattre, à le confesser, à espérer un changement réel ?
Le temps perdu peut-il vraiment être racheté ?
Dieu répond à travers le prophète Joël, à un peuple qui avait connu des années de dévastation : « je vous remplirai des années qu’ont dévorées la sauterelle » (Joël 2:25).
Racheter le temps (Éphésiens 5:16) n’est jamais présenté comme une course effrayée contre une horloge qui menace de sonner ton jugement c’est une invitation à marcher désormais avec sagesse, portée par la gratitude, et non par la terreur.
Ce que cette assurance ne dit pas
Cela ne signifie pas que retomber n’a pas d’importance, ni qu’il n’y a aucun risque à laisser un cœur s’endurcir avec le temps.
Cela signifie simplement ceci : ton angoisse, ta lutte, tes larmes, ta persévérance à chercher de l’aide, ne sont pas les signes d’un salut absent elles sont, bien souvent, les signes d’une vie que l’Esprit de Dieu n’a pas cessé de travailler.
Le chemin parcouru
Cette série a commencé avec quatre voix, et elle se termine avec la voix d’un jeune homme terrifié à l’idée d’avoir déjà tout perdu.
Entre les deux, onze articles ont tenté de faire ce que trop peu de contenus chrétiens sur ce sujet osent faire : nommer honnêtement le texte biblique, mesurer le vrai coût spirituel et physique de ce péché, distinguer la conviction de la condamnation, chercher les vraies racines du combat, poser les fondations d’une identité en Christ, offrir des outils concrets, accompagner l’après-chute, redéfinir la vraie repentance, prendre au sérieux la dépendance, et répondre, enfin, à la peur la plus profonde de toutes.
Frère, sœur, j’ai une bonne nouvelle pour toi, et elle vaut pour toute cette série et pour toute ta vie : « Celui qui a commencé en vous une bonne œuvre la rendra parfaite jusqu’au jour de Jésus-Christ » (Philippiens 1:6).
Ce chemin n’est pas terminé. Mais il reste, aujourd’hui encore, ouvert devant toi. (← Retour à l’article-pilier : Comment vaincre la masturbation ? Le guide biblique complet)
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