Bibles ouvertes - La Bible, son étude et sa méditation, formation en ligne gratuite

Leçon 1 — Qu’est-ce que la Bible ?

Module 1 · Connaître la BibleLeçon 1 / 29
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Objectifs pédagogiques

À l’issue de cette leçon, vous serez capable de :

  1. Expliquer pourquoi le nom « Bible » est un choix humain, postérieur à la rédaction du texte, et pourquoi l’autorité du texte ne repose pas sur ce nom.
  2. Distinguer l’affirmation « la Bible contient la Parole de Dieu » de l’affirmation « la Bible est la Parole de Dieu », et identifier le glissement théologique que la première formulation introduit.
  3. Démontrer, à partir de 2 Timothée 3.16 et de Romains 9.17, que les auteurs du Nouveau Testament traitent l’Écriture et la parole de Dieu lui-même comme rigoureusement équivalentes.
  4. Appliquer la distinction entre une question de contenu et une question d’autorité pour expliquer en quoi lire la Bible diffère, dans sa nature même, de lire un texte comme le Code d’Hammourabi ou l’Iliade.

Contenu de la leçon

« Ouvre mes yeux, pour que je contemple les merveilles de ta loi ! » (Psaume 119.18)

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Leçon 1 · pas encore ouverte

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La formation se suit dans l’ordre : chaque leçon et chaque évaluation posent une base sur laquelle la suite s’appuie. Ta prochaine étape : leçon 1.

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Un nom choisi par les hommes

Le mot Bible n’apparaît nulle part dans le texte qu’il désigne. C’est une donnée qu’il faut poser d’emblée, non pour relativiser l’autorité de ce livre, mais pour comprendre la nature exacte de ce que nous tenons entre les mains. Le terme vient du grec biblos, qui signifiait à l’origine l’écorce du papyrus, puis, par extension, tout rouleau ou tout livre écrit sur ce support. Au pluriel, ta biblia désignait « les livres » : une collection, et non une œuvre unique portant un titre unifié dès l’origine. Ce sont les premiers chrétiens, dans les premiers siècles de notre ère, qui ont commencé à employer ce pluriel grec comme un singulier pour désigner l’ensemble des Écritures qu’ils reconnaissaient inspirées : le Livre par excellence, celui qui n’a besoin d’aucun autre qualificatif pour être identifié.

Ce fait, en apparence anodin, a une conséquence importante pour la suite de cet ouvrage. Le nom que nous donnons à ce recueil de soixante-six livres est un choix humain, postérieur à sa rédaction, et son autorité ne repose donc pas sur ce nom. Elle repose sur autre chose, que ce chapitre a précisément pour but d’établir : la nature du texte lui-même, et l’origine de ce qu’il contient. Confondre le nom et la chose reviendrait à faire dépendre l’autorité divine d’une décision humaine, ce qui serait un renversement complet de l’ordre théologique que ce livre s’efforce, du début à la fin, de respecter. Il en va de ce nom comme du nom que l’on donne à un enfant : le choisir ne crée pas l’identité de celui qui le porte, il se contente de la désigner. De même, appeler ce recueil « la Bible » ne lui confère rien ; le titre suit l’autorité du contenu, il ne la précède pas.

La Bible ne contient pas la Parole de Dieu : elle est la Parole de Dieu

Il existe une manière de parler de la Bible, répandue et en apparence inoffensive, qui affirme qu’elle « contient » la Parole de Dieu. Cette formulation, si on l’examine avec attention, porte en elle un glissement théologique qu’il faut refuser. Dire que la Bible contient la Parole de Dieu, c’est suggérer qu’elle est un contenant parmi d’autres : un réceptacle dans lequel se trouverait, mêlée à des éléments purement humains, une parole divine qu’il reviendrait au lecteur ou à la tradition de discerner et d’extraire. Cette conception, qui a nourri une partie de la théologie libérale du vingtième siècle, aboutit inévitablement à faire du lecteur l’arbitre ultime de ce qui, dans le texte, relève de Dieu et de ce qui relève de l’homme, une position que l’Écriture elle-même ne permet pas.

L’affirmation que défend cet ouvrage est différente et plus radicale : la Bible ne contient pas la Parole de Dieu, elle est la Parole de Dieu. Cette affirmation ne nie évidemment pas la présence d’une véritable médiation humaine (le chapitre suivant y reviendra longuement), mais elle refuse de séparer le texte en deux strates, l’une divine et l’autre humaine, que le lecteur devrait démêler. Une comparaison, certes imparfaite comme toute comparaison humaine appliquée à une réalité divine, peut néanmoins aider à saisir la différence. Un rapport d’ambassadeur qui relate les paroles d’un roi n’a pas la même autorité qu’un édit royal qui porte ces paroles : le premier peut comporter des approximations, des choix de formulation propres à son auteur, une mise en perspective qui reste de la responsabilité du rapporteur ; le second, une fois scellé du sceau royal, engage directement l’autorité du roi lui-même. Le contester revient à contester le roi, non son messager. Dire que la Bible « contient » la Parole de Dieu la traite comme le premier document ; affirmer qu’elle est la Parole de Dieu la reconnaît comme le second, avec cette différence, essentielle, que l’auteur en est Dieu lui-même et non un souverain terrestre.

L’Écriture se présente elle-même de cette manière. Lorsque Paul écrit que « toute Écriture est inspirée de Dieu » (2 Timothée 3.16), il n’affirme pas qu’une partie de l’Écriture est inspirée et une autre non ; il affirme que la totalité du texte, dans sa forme même, porte cette qualité. Lorsque les auteurs du Nouveau Testament citent l’Ancien Testament, ils ne disent pas systématiquement « il est écrit que Dieu a inspiré tel homme à écrire que… » ; ils écrivent simplement « Dieu dit », ou « l’Écriture dit », traitant l’un et l’autre comme rigoureusement équivalents : voir par exemple Romains 9.17, où l’Écriture qui « dit » à Pharaon est identifiée sans détour à la parole de Dieu lui-même. Le texte biblique ne se présente donc pas comme un témoignage humain au sujet de Dieu, dans lequel se cacherait, quelque part, une parole divine à retrouver ; il se présente comme la parole même de Dieu, revêtue d’une forme humaine.

Cette affirmation sera développée théologiquement au chapitre 7, où seront examinés les textes qui fondent la doctrine de l’inspiration, puis prolongée au chapitre 8 par la question de l’inerrance : ce texte soufflé par Dieu peut-il, dans ce qu’il affirme, se tromper ? Il suffit ici de poser cette première affirmation comme le socle sur lequel repose tout le reste de cet ouvrage : si la Bible est réellement la Parole de Dieu, alors son étude ne peut jamais être une activité purement académique, comparable à l’étude de n’importe quel autre texte ancien. Et si elle est réellement la Parole de Dieu, alors sa méditation ne peut jamais se réduire à un exercice de développement personnel emprunté à d’autres traditions spirituelles. Les deux parties suivantes de ce livre ne sont, en un sens, que les conséquences logiques de cette première affirmation.

Une question d’autorité, pas seulement de contenu

Poser la question « qu’est-ce que la Bible ? » n’est donc pas d’abord une question de contenu (que trouve-t-on dans ce livre), mais une question d’autorité : quel poids ce texte a-t-il sur ma pensée, mes convictions et ma vie ? C’est cette question qui distingue fondamentalement l’étude de la Bible de l’étude de tout autre document ancien. On peut étudier l’Iliade ou le Code d’Hammourabi (un ensemble de lois babyloniennes parmi les plus anciennes connues, gravées sur une stèle de pierre au dix-huitième siècle avant notre ère) avec la plus grande rigueur historique et philologique, en admirer la cohérence juridique ou la portée littéraire, sans que cette étude n’engage en rien notre existence. Un historien peut consacrer sa carrière à ce code sans jamais se sentir personnellement lié par ses dispositions ; il l’examine de l’extérieur, comme on examine un objet. Il n’en va pas de même pour la Bible, précisément parce qu’elle ne se présente pas comme un témoignage humain sur le divin, mais comme la parole du divin lui-même adressée à l’homme. Un lecteur peut, certes, choisir de la traiter comme le Code d’Hammourabi (un document ancien parmi d’autres, digne d’étude mais sans prétention sur sa vie), mais ce choix contredirait alors ce que le texte affirme explicitement de lui-même ; il ne s’agirait plus d’étudier la Bible pour ce qu’elle est, mais de la réduire à ce que l’on préférerait qu’elle soit.

Cette affirmation d’autorité n’est pas un postulat que ce livre demande d’accepter aveuglément avant toute démonstration. Elle sera examinée sous plusieurs angles complémentaires dans les chapitres qui suivent : l’unité remarquable d’un texte rédigé par une quarantaine d’auteurs sur quinze siècles, dans trois langues différentes et à travers des empires successifs (chapitres 2 et 3), la manière dont un canon précis et reconnaissable s’est formé et stabilisé au sein du peuple de Dieu (chapitre 5), et le témoignage explicite que le texte porte sur sa propre origine (chapitres 7 et 8). Ce chapitre pose seulement la question et refuse, dès le départ, deux réponses insuffisantes : celle qui réduit la Bible à un livre religieux parmi d’autres, produit de la seule ingéniosité humaine, et celle qui la traite comme un objet quasi magique, dont la simple présence physique suffirait à produire un effet : une confusion sur laquelle nous reviendrons également au chapitre 7, lorsqu’il faudra distinguer clairement ce que la Bible n’est pas de ce qu’elle est réellement.

Vers la suite

Affirmer que la Bible est la Parole de Dieu soulève immédiatement une série de questions que ce livre va maintenant traiter dans l’ordre : comment des hommes ont-ils été les instruments de cette parole sans en altérer la vérité (chapitre 2) ? Dans quel monde historique concret cette parole a-t-elle pris forme (chapitre 3) ? Comment ce texte s’est-il organisé, structuré, transmis (chapitre 4) ? Comment savons-nous précisément quels livres en font partie, et sur quelle base (chapitre 5) ? Comment ce texte, rédigé dans des langues que la plupart des lecteurs ne maîtrisent pas, nous parvient-il par la traduction, et avec quelles limites (chapitre 6) ? Que signifie concrètement, sur le plan théologique, l’affirmation que ce texte est « inspiré » (chapitre 7), et peut-on dès lors affirmer qu’il est également sans erreur (chapitre 8) ? Et enfin, vers quoi, ultimement, ce texte tout entier pointe-t-il (chapitre 9) ? Ce sont ces questions, prises une à une avec la rigueur qu’elles exigent, qui donneront à l’affirmation posée dans ce chapitre toute sa solidité.

Résumé

Ce chapitre d’ouverture établit que le nom « Bible » est une désignation humaine et tardive qui ne crée aucune autorité, mais se contente de nommer un texte dont l’autorité vient d’ailleurs. Il écarte ensuite une formulation courante mais trompeuse, celle qui dit que la Bible « contient » la Parole de Dieu, parce qu’elle transforme le lecteur en arbitre chargé de séparer ce qui serait divin de ce qui serait humain dans le texte. À la place, le chapitre pose l’affirmation centrale de tout l’ouvrage : la Bible est la Parole de Dieu, à l’image d’un édit royal scellé qui engage directement l’autorité du roi, et non d’un rapport d’ambassadeur qui ne fait que la relater. Cette affirmation s’appuie sur la manière dont le Nouveau Testament lui-même cite l’Ancien Testament, en identifiant sans détour ce que « l’Écriture dit » à ce que « Dieu dit » (2 Timothée 3.16, Romains 9.17). De cette nature du texte découle une conséquence pratique décisive : interroger « qu’est-ce que la Bible ? » n’est pas une question de contenu érudit, comparable à celle que l’on poserait à propos du Code d’Hammourabi ou de l’Iliade, mais une question d’autorité qui engage directement la vie du lecteur. Le chapitre referme cette première étape en annonçant l’itinéraire du reste de l’ouvrage, qui viendra étayer, chapitre après chapitre, cette affirmation d’autorité plutôt que de la laisser comme un simple postulat de départ.

Exercices pratiques

  1. Rédigez deux courts paragraphes (cinq à six lignes chacun) décrivant comment vous aborderiez la préparation d’une prédication sur un récit de l’Ancien Testament si vous pensiez que la Bible « contient » la Parole de Dieu, puis si vous affirmiez qu’elle « est » la Parole de Dieu. Comparez ensuite les deux démarches et notez par écrit ce qui change concrètement dans votre traitement du texte.

  2. Choisissez un texte ancien non biblique que vous connaissez (le Code d’Hammourabi, l’Iliade, ou un autre texte de l’Antiquité) et construisez un tableau à deux colonnes listant trois façons dont son étude diffère de celle d’un texte biblique traitant d’un sujet comparable (un récit ou une loi). Justifiez chaque différence par un argument précis tiré de ce chapitre.

  3. Préparez, en dix minutes, un court exposé oral de deux minutes que vous pourriez donner à un nouveau converti qui demande : « Pourquoi ce livre s’appelle-t-il la Bible, et qui a décidé cela ? » Appuyez-vous sur l’analogie du nom donné à un enfant, et présentez cet exposé à un collègue ou notez-le intégralement par écrit.

Fin de la leçon 1

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