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Leçon 17 — Pourquoi ce livre doit affronter les textes difficiles

Module 4 · Affronter les textes difficilesLeçon 17 / 29
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Objectifs pédagogiques

À l’issue de cette leçon, vous serez capable de :

  1. Expliquer en quoi le silence pastoral face aux textes difficiles constitue, selon ce chapitre, une forme de malhonnêteté plutôt qu’une prudence légitime.
  2. Distinguer les trois catégories de difficultés scripturaires présentées (contradictions apparentes résolues par le contexte, textes moralement lourds, textes de détresse spirituelle) et le traitement propre à chacune.
  3. Situer chacune des trois catégories par rapport aux chapitres à venir de la Partie III (le chapitre 18 pour la violence des conquêtes, les chapitres 19 et 20 pour les prières de vengeance et le silence de Dieu).
  4. Articuler la tension affirmée entre rigueur méthodologique et humilité intellectuelle comme posture requise pour affronter les textes les plus rudes de l’Écriture.

Contenu de la leçon

« Dire que nous comprenons la Parole de Dieu ne signifie pas que nous pouvons comprendre tout ce qu’elle contient, résoudre tous les problèmes d’interprétation et avoir des réponses à toutes nos questions. » (Sterrett, 1973, p. 16)

Le chapitre 14 de cet ouvrage a posé une affirmation qu’il faut maintenant reprendre et mettre à l’épreuve : les Écritures ne se contredisent pas. Cette affirmation, on s’en souvient, était accompagnée d’une précision importante, que ce livre n’a pas voulu dissimuler. Reconnaître que les Écritures ne se contredisent pas ne signifie pas que toute difficulté d’interprétation trouve nécessairement, dans l’état actuel de notre compréhension, une résolution complète et démontrable. Cette Partie III existe pour honorer cette précision jusqu’au bout, en affrontant directement les textes que tout lecteur sérieux de la Bible rencontre tôt ou tard, et devant lesquels un silence prudent serait, en réalité, une forme de malhonnêteté pastorale.

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Leçon 17 · pas encore ouverte

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Le danger du silence

Un livre qui prétend conduire un futur enseignant ou un futur pasteur vers une lecture rigoureuse et profonde de l’Écriture ne peut pas se permettre de contourner les passages qui dérangent le plus. Trois catégories de textes reviennent, avec une régularité frappante, dans la bouche de ceux qui s’interrogent sincèrement sur la Bible, croyants comme non-croyants. Il s’agit de la violence des conquêtes ordonnées par Dieu lui-même dans l’Ancien Testament, des psaumes qui appellent explicitement le malheur sur des ennemis, et du silence que Dieu semble parfois garder devant la souffrance de ses propres enfants. Éviter ces textes dans l’enseignement, par prudence ou par malaise, ne les fait pas disparaître ; cela laisse simplement le croyant démuni le jour où il les rencontre seul, ou pire, laisse penser à celui qui s’interroge que l’Église elle-même n’a rien à répondre. Ce n’est pourtant pas le cas.

Trois catégories de difficultés, trois traitements distincts

Il convient de distinguer, avec la précision méthodologique que la Partie II de cet ouvrage a voulu instaurer comme réflexe permanent, trois types de difficultés bien différentes, que l’on confond trop souvent sous l’étiquette unique de « textes qui posent problème ».

Il y a d’abord les contradictions apparentes, résolues par un examen sérieux du contexte. C’est le type de difficulté déjà traité aux chapitres 13 à 15 de cet ouvrage, où l’étude attentive de la phrase, du paragraphe et du livre entier dissout la tension en révélant une cohérence qui n’était simplement pas visible à première lecture.

Il y a ensuite les textes moralement lourds, qui ne posent pas d’abord une question de cohérence logique mais une question de caractère divin. Comment le Dieu que la Bible présente comme bon, juste et miséricordieux a-t-il pu ordonner ou permettre ce que certains passages rapportent ? C’est le cas de la violence des conquêtes, que le chapitre 18 va maintenant examiner.

Il y a enfin les textes qui expriment une détresse spirituelle authentique, sans chercher à la résoudre immédiatement. Ce sont les prières de vengeance et les cris devant le silence de Dieu, que les chapitres 19 et 20 vont aborder tour à tour. Ces textes n’appellent pas d’abord une explication logique, mais une compréhension pastorale de leur fonction dans la vie de foi.

La méthode retenue pour cette partie

Conformément à l’esprit de rigueur qui a gouverné tout cet ouvrage depuis son introduction, cette Partie III ne cherchera jamais à dissoudre artificiellement une difficulté réelle par une explication trop rapide, ni à l’esquiver par un silence prudent. Elle appliquera, sur des cas concrets et parmi les plus rudes que compte l’Écriture, l’ensemble des principes déjà établis dans la Partie II : le contexte historique et littéraire, l’analogie de la foi qui éclaire un texte difficile par l’ensemble du témoignage scripturaire, et l’humilité intellectuelle qui reconnaît qu’une difficulté honnêtement affrontée n’est pas toujours entièrement dissipée. C’est précisément cette combinaison de rigueur et d’humilité que les chapitres suivants vont maintenant mettre à l’épreuve.

Résumé

Ce chapitre introductif de la Partie III assume une responsabilité pastorale précise : reprendre l’affirmation du chapitre 14 selon laquelle les Écritures ne se contredisent pas, sans dissimuler la précision qui l’accompagnait, à savoir que cette non-contradiction n’implique pas que toute difficulté trouve une résolution complète et démontrable. L’auteur refuse explicitement le silence prudent devant les textes qui dérangent, qu’il qualifie de malhonnêteté pastorale, parce que ce silence ne fait pas disparaître la difficulté mais abandonne le croyant seul face à elle, ou pire, laisse croire que l’Église n’a rien à répondre. Le chapitre introduit ensuite une distinction méthodologique décisive entre trois catégories de difficultés trop souvent confondues sous l’étiquette unique de « textes qui posent problème » : les contradictions apparentes que résout un examen sérieux du contexte, déjà traité aux chapitres 13 à 15 ; les textes moralement lourds qui interrogent le caractère de Dieu plutôt que la logique du texte, dont la violence des conquêtes au chapitre 18 sera l’exemple ; et les textes de détresse spirituelle authentique, les prières de vengeance et le silence de Dieu, que les chapitres 19 et 20 aborderont sans chercher à les résoudre immédiatement mais en cherchant à comprendre leur fonction pastorale. Le chapitre annonce enfin la méthode que toute la Partie III va suivre : appliquer aux cas les plus rudes de l’Écriture le contexte historique et littéraire, l’analogie de la foi et l’humilité intellectuelle déjà établis dans la Partie II, sans jamais dissoudre artificiellement une difficulté réelle ni l’esquiver par le silence.

Exercices pratiques

  1. Rédigez un court texte (une demi-page) destiné à votre équipe pastorale expliquant pourquoi éviter systématiquement certains textes difficiles en chaire constitue une forme de malhonnêteté pastorale plutôt qu’une prudence raisonnable, en vous appuyant sur l’argument de ce chapitre.
  2. Classez par écrit trois textes bibliques qui vous ont déjà posé difficulté dans l’une des trois catégories du chapitre (contradiction apparente, texte moralement lourd, texte de détresse spirituelle), et notez pour chacun le type de traitement qui lui convient selon ce classement.
  3. Identifiez un texte biblique que vous avez évité d’enseigner ou de prêcher parce qu’il vous mettait mal à l’aise. Rédigez, en deux ou trois phrases, ce qui vous retenait, puis esquissez une première piste pour l’affronter plutôt que le contourner lors d’un prochain enseignement.

Fin de la leçon 17

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